Bien qu’étant une infection fréquente chez le rat, Corynebacterium kutscheri est encore de nos jours un ennemi invisible et méconnu. De nombreux décès non élucidés lui sont imputables chaque année, mais la quasi absence d’autopsie et d’analyse post mortem empêchent de la détecter.

1 – Qu’est ce que c’est?

Les Corynebacterium[ kutscheri sont des bactéries communes chez le rat. Elles touchent de nombreuses colonies et restent généralement inactives, produisant ainsi des animaux porteurs qui ne présentent pas de soucis de santé. Il est donc très difficile de savoir si un rat est touché ou non, vu que les symptômes ne deviennent apparents qu’après activation des bactéries.

Ces dernières colonisent généralement la bouche, l œsophage, le cæcum (première partie du gros intestin), le colon et le rectum. Étrangement, ce ne sont pas ces parties du corps qu’elles attaquent une fois activées (leur préférence va aux poumons, aux reins et au foie)

2 – Transmission

Elle serait possible via les miasmes et les matières fécales d’animaux touchés et ayant déclaré des symptômes, la transmission existerait également de la mère aux petits in utero. Les rats porteurs ne sont pas dangereux pour un groupe, bien qu’à surveiller (ils peuvent déclarer les symptômes à tout moment).

3 – Déclarer la maladie

Ces bactéries sont opportunistes et profitent d’une faiblesse du rat pour devenir actives et problématiques: Autre maladie, infection, stress, administration de médicaments immunodépresseurs, gestation, opération, malnutrition,…

La maladie se déclare après un évènement significatif dans la vie du rat, il convient donc d’être attentif lorsque cela arrive.

4 – Symptômes

Il convient d’agir extrêmement vite après la découverte des premiers symptômes, l’évolution de la maladie est très rapide et un traitement lourd doit être mis en place dans les plus bref délais.

Les symptômes les plus courants sont les suivants:

  • Difficulté respiratoire forte: le rat respire vite, creuse les flans, on peut observer une discordance (mauvaise coordination) des différents mouvements respiratoires (les inspirations et expirations ne sont pas bien synchronisés avec les mouvements de la cage thoracique). Mais le rat ne roucoule pas, il ne produit pas ni de bruit, ni de secrétions. Il arrive que la cage thoracique semble plus grosse que la normale, dilatée.
  • Grosse perte de poids, anorexie
  • Dos vouté, côtes et colonne vertébrale saillantes
  • Possible surproduction de porphyrine
  • Possible surproduction de salive

Les bactéries provoquent des abcès massifs, principalement dans les poumons (d’où les difficultés respiratoires), mais ces derniers peuvent aussi être trouvés sur les reins ou le foie. Une inflammation articulaire peut également survenir.

5 – Traitement

Une fois activées, ces bactéries sont rapidement mortelles (sous 1 à 2 semaines). Il arrive cependant, lorsqu’un traitement adapté est mis en place à temps, que les rats touchés soient maintenus dans un état acceptable, proche de celui d’un rat chronique. Il n’y a pas de rémission possible, un rat touché est condamné à plus ou moins long terme, selon l’avancée de la maladie, son état et l’efficacité des traitements.

Le traitement administré doit être [b]agressif et agir au plus vite. Les injections sont une bonne solution et peuvent être couplées à des nébulisations (bien plus efficace que des médicaments par voie orale).

Ces bactéries sont sensible au molécules suivantes:

  • Ampicilline
  • Amoxicilline
  • Tetracycline
  • Oxytetracycline
  • Doxycycline
  • Acide Clavulanique (quand associé avec, par exemple, l’amoxicilline)
  • Gentamicine

Amoxyxilline et doxycycline peuvent être combinées pour une efficacité maximale et le co-trimoxazole semble également avoir des effets notables.

Il convient également d’éviter tout stress au rat et de lui donner une alimentations adaptée à son état. L’anorexie induite par la maladie rend difficile la prise d’aliments. Ces derniers seront donc plus riches que la normale (attention: favoriser les aliments facilement assimilables, le foie et les reins du rat pouvant être touchés et en difficulté. Veillez à en parler avec votre vétérinaire qui pourra vous donner des conseils à ce sujet), le rat devra également être séparé du groupe afin de ne pas contaminer les autres, ou de ne pas favoriser le déclenchement des bactéries dont ils pourraient être porteurs.

6 – Prévention et détection

Il n’y a pas grand chose à faire, si ce n’est surveiller vos rats et agir au moindre doute. Des radios des poumons peuvent être effectuées en contrôle, les abcès y apparaissent comme des masses noires et trahissent la présence et l’activation de la maladie.

Une autopsie systématique des rats décédés vous permet d’identifier les rats ayant déclaré des symptômes et d’agir en conséquence si besoin est (par exemple si plusieurs décès surviennent et sont liés aux corynébactéries, il sera nécessaire de traiter la troupe en préventif).

7 – Illustrations

ATTENTION IMAGES CHOQUANTES.

Ces photos peuvent être transmises à votre vétérinaire, afin de l’aider dans son diagnostic. Un abcès dans les poumons n’est pas toujours synonyme de corynébactéries actives, mais il convient de conserver ce détail en mémoire pour recouper les informations par la suite.

Poumons ayant des lésions typiques dues aux corynébactéries

Photo d’autopsie 1

Photo d’autopsie 2

8 – Bibliographie

Quelques liens si vous souhaitez en savoir plus:

Fiche chez Charles River
Netvet
Bactério
Respiratory & Heart Disease in Rats